BIENVENUE EN HOLLANDE

Merci à Vanessa de m'avoir fait redécouvrir ce texte...

Texte d'Emily Pearl Kingsley

"On me demande souvent de décrire mon expérience d'avoir élevé un enfant aux besoins particuliers pour aider ceux qui n'ont pas vécu cette expérience unique, à comprendre, à imaginer ce que l'on peut ressentir. C'est comme ça... Quand vous allez avoir un enfant, c'est comme planifier un fabuleux voyage...en Italie. Vous achetez un tas de livres sur le pays, des guides qui vous permettent d'établir votre itinéraire... le Colisée, Michael Ange, les gondoles de Venise. Vous apprenez mêmes quelques phrases d'italien, cela devient vraiment très excitant. Après quelques mois d’anticipation passionnée, enfin le grand jour arrive. Vous faites vos valises et vous partez.

Plusieurs heures plus tard l’avion atterrit. L’hôtesse annonce : « Bienvenue en Hollande ! ». En Hollande ?? Comment ça en Hollande ?? Mon billet était pour l’Italie, pas la Hollande ! Je suis sensée être en Italie. Toute ma vie, j’ai rêvé d’aller en Italie… Mais il y a eu un changement d’aiguillage en cours de route. Ils ont atterri en Hollande et vous devez y rester. La chose importante, c’est qu’ils ne vous ont pas amené dans un endroit horrible, dégoûtant, immonde, pestilentiel, où règneraient la famine et les maladies. C’est juste un endroit différent.

Alors vous devez aller acheter de nouveaux guides, vous devez apprendre une langue complètement nouvelle. Et vous allez rencontrer un groupe de gens totalement nouveau que vous n’auriez jamais rencontré autrement. C’est juste un endroit différent. Le rythme est plus lent qu’en Italie, c’est moins clinquant. Après quelque temps, vous reprenez votre souffle, vous regardez alentour, et vous remarquez qu’il y a des moulins en Hollande. La Hollande a des tulipes. La Hollande a même des Rembrandt. Mais tous les gens que vous connaissez sont allés en Italie, et ils vantent les merveilles de l’Italie et le bon temps qu’ils ont eu là bas. Et pour le reste de votre vie vous pensez :

« Oui c’est là que j’étais supposée me rendre, c’est ce que j’avais prévu ». Et la peine ne s’en ira jamais, car la perte de ce beau rêve est une perte majeure. Mais si vous passez votre vie à vous morfondre de n’avoir pas atterri en Italie, vous risquez de ne jamais être libre d’apprécier les choses très spéciales qu’on ne trouve qu’en Hollande. »

Barbecue organisé par l’Association des Parents de « La Famille ».​

Par la présente, j’ai le plaisir de vous convier au Barbecue organisé par l’Association des Parents de « La Famille ».

Pourquoi: pour nous retrouver dans une ambiance conviviale avec et pour les enfants porteurs de handicaps neuro-moteurs qui fréquentent l’école et le centre « La Famille ». Les fonds récoltés grâce à la soirée nous permettront de financer des activités pédagogiques et/ou ludiques pour les enfants, de même que d’acquérir du matériel adapté à leurs besoins.

Quand:

le vendredi 19 juin, à partir de 19h00 (18h00 pour l’activité hockey – voir ci-dessous)

Quoi:  plusieurs choses en fait…

  • tout d’abord, à partir de 18h00, pour celles et ceux qui le veulent, la possibilité de participer à une activité hockey adapté avec « Hockey Together ». Que vous soyez valides ou moins valides, adultes ou enfants, que vous ayez déjà utilisé un stick ou que vous soyez 100% débutants, venez vous essayer aux joies du hockey, dans un cadre adapté (nous avons les balles et les sticks). L’activité est accessible aux personnes qui se déplacent en fauteuil.

  • Ensuite un Barbecue : apéro, 5 sortes de viandes (avec possibilité de se resservir jusqu’à explosion), buffet d’accompagnements, eau à table (d’autres boissons sont bien entendu disponibles moyennant paiement supplémentaire);

  • Un concert acoustique ;

  • Une tombola de qualité ;

  • En fonction des demandes, un petit service de garderie peut être organisé pour les plus petits.

Où:

Au Royal Wellington, avenue de Hougoumont à 1180 Uccles (google.be)

Combien:

20 euros / personne à partir de 6 ans …  ou plus si vous souhaitez soutenir notre association et les enfants de La Famille.

Vous pouvez dès à présent confirmer votre présence à l'activité Hockey Together sur ce formulaire et pour le BBQ et la soirée sur ce formulaire. Merci de vous inscrire dès que possible (et en toute hypothèse avant le 12 juin), pour des raisons d’organisation et car les places sont limitées!

Vous pouvez également payer votre repas par virement en versant le montant de votre participation sur le compte BE57 0003 2591 3835, en indiquant en guise de communication « Barbecue APLF + nom de famille + nombre de personnes ».

Si vous ne pouvez pas être parmi nous le 19 mais qui vous souhaitez soutenir notre action auprès des enfants, vous pouvez verser le montant de votre choix sur le compte BE57 0003 2591 3835, en indiquant « Donation + nom de famille ».

Nous espérons vous y retrouver entre amis et dans la bonne humeur,

Les parents, les enfants et toute l'équipe de La Famille

PS: nous cherchons des lots pour notre tombola, cette année, ce sera notre principale source de fonds pour donner à nos enfants un cadre moins handicapant que le monde que l'on leur donne aujourd'hui. Vos idées, vos contacts et vos lots sont les bienvenus. 

Handicap et bien-être, le rôle de l'éducation conductive

Le handicap et le bien-être, qu'en pensent les parents? Le bien-être c'est bien plus que la santé physique, pourtant souvent considérée en isolation par les professionels de la santé. Le bien-être, c'est aussi se sentir bien dans sa peau, dans sa famille, dans sa communauté et dans son environnement.

Nous sommes quelques parents à avoir répondu à la question.....

Handicap, le cheminement des parents

En tant que parents d'enfants porteurs d'un handicap, nous n'avons que rarement l'occasion de nous rencontrer, encore moins de partager nos expériences respectives. Néanmoins, lorsque l'occasion se présente, c'est à chaque fois un moment riche de partage.

Le plus souvent c'est au mieux en couple ou avec nos plus proches que nous partageons ce cheminement, ces questions, ces doutes, ces solutions, ces obstacles, ces émotions et ces découvertes.  Mais lorsque nous partageons nos expériences pourtant différentes entre parents, les mêmes points reviennent à chaque fois. Ce que nous vivons isolés, tous les parents le vivent. A chaque fois, c'est un moment réconfortant et rassurant, un moment de compréhension sans devoir expliquer mais aussi un moment pour aller de l'avant ensemble.

Ce cheminement, chaque parent d'enfant porteur d'un handicap devra le faire, avec ces difficultés et avec tous ces moments de bonheur intense, mais nous ne voulons plus se limiter à un cheminement solitaire et en aveugle. C'est pourquoi nous avons partagé nos témoignages dans la vidéo ci-dessous, des témoignages de vie et de notre expérience de la pédagogie conductive, un atout complet, solide, expérimenté et intelligent dans nos cheminements, pour nous et surtout pour nos enfants.

Aimer, sans condition

Je voulais partager cette video depuis quelques temps et attendais qu'un des volontaires traducteur de TED mette le sous-titrage en ligne. Voilà qui est fait.

Quand Andrew Solomon a commencé sur le thème de l'homosexualité, je n'étais pas loin de couper court à cette vidéo, pensant qu'il s'agissait d'un énième coming out. Son histoire personnelle n'est en fait que le point de départ d'un travail de fond impressionnant par son ampleur et la qualité des mots qu'Andrew met sur les sentiments et les interactions qui font notre quotidien. Les témoignages qu'il a recueilli sont particulièrement touchants et significatifs. Je vous ai sélectionné quelques passages mais vous recommande la vidéo complète ci-dessous.

Ce que nous faisons tous...

" Qu'est-ce que tu penses avoir fait qui l'a aidé à devenir quelqu'un de charmant, d'accompli et de merveilleux ? Elle m'a dit, « Qu'est-ce que j'ai fait ? Je l'ai aimé, c'est tout. Clinton a simplement toujours porté une certaine lumière en lui. Son père et moi avons eu assez de chance pour être les premiers à le voir."

3 étapes qu'on ne peut contourner: 

"Il y a l'acceptation de soi, l'acceptation par sa famille et l'acceptation sociale."

Tout le bien que nous voulons pour nos enfants: 

"Une des familles que j'ai interviewées, Tom et Karen Robards, ont été stupéfaits, lorsque, eux, de jeunes et brillants New Yorkais, ont appris que leur premier enfant était trisomique. Ils pensaient que les opportunités éducatives pour lui n'étaient pas ce qu'elles devraient être, ils ont alors décidé qu'ils construiraient un petit centre -- deux salles de classes qu'ils ont créées avec quelques autres parents -- pour éduquer les enfants trisomiques. Au fil des années, ce centre s'est développé et est devenu le Cooke Center, où il y a maintenant des milliers et des milliers d'enfants atteints de déficience intellectuelle qui reçoivent un enseignement."

L'amour...sans conditions

Ce que j'étudie c'est, combien d'amour il peut y avoir, même lorsque tout semble mal se passer.

Bonne écoute...

Une soirée pour nous aider à faire une différence, ce vendredi 14 juin

Cette année encore, l'association de parents de La Famille (crèche, école maternelle et primaire spécialisées de type 4) organise un moment festif au profit des enfants atteints de difficultés neurologiques ou neuromusculaires.

Etre un enfant, c’est vivre dans un univers peuplé de jeux, de rires et d’une bonne dose d’insouciance. Sauf que, certains enfants doivent aussi vivre avec une différence plus ou moins importante. Le métier de parents est probablement un des plus difficiles mais aussi un des plus extraordinaires.

Sauf que, le handicap s’invite parfois  à la table du bonheur familial.

L’avenir se révèle alors bien morose…

Sauf que, le langage du cœur peut faire place au langage des mots ;

les tous petits progrès deviennent de grandes victoires ;

la créativité est mise au profit d’autres chemins vers l’autonomie

et les petits moments d’insouciance deviennent de vrais instants de bonheur !

Ainsi, tel l’éléphant avec son éléphanteau, nous avons fait le choix d’accompagner au mieux nos enfants sans faire à leur place. Portés par l’énergie de nos enfants et entourés de professionnels compétents, nous avons fait le choix de continuer à faire des projets, à rêver, à espérer et à « rebondir ». Bref, nous avons fait le choix de continuer à vivre tout simplement.

Mais, que serait ce choix sans vos gestes bienveillants et votre soutien?

Soyez donc nombreux à aider nos enfants à remporter leur match quotidien !

Avec au service:

  1. un super barbecue (à partir de 19h30)
  2. le concert de Bruno Thysen et Renato de The Voice
  3. et une super soirée

Venez montrer votre jeu de jambes sur la piste de danse et votre coups droit au bar.

Par votre présence, vous contribuerez à soutenir nos projets et la pédagogie conductive.

Où ? dans le magnifique complexe du Wellington avenue d’Hougoumont 14 1180 Uccle

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Comment ? 30 euros pour le barbecue, le concert et la soirée (enfants : 15 euros (réservation  indispensable pour le barbecue). 10 euros pour le concert et la soirée. Vous n’êtes vraiment pas libres ? Soutenez notre action sur le compte 000-3259138-35.

La petite casserole d'Anatole

Ayant bien conscience que le dialogue au sujet de son handicap sera un moteur de succès pour Hugo, c'est avec plaisir que nous avons découvert "La petite casserole d'Anatole". 

Bien que conscient du besoin, il est parfois difficile de trouver le moment, de trouver les mots ou de trouver le support pour en parler. Nous avons fait l'album photo d'Hugo, racontant son histoire en images, ce qui nous permet de lui parler de son accident à la naissance, mais aussi de lui montrer tout le chemin parcouru et les progrès qu'il a réalisé pas à pas. C'est un très bon point de départ et Hugo montre beaucoup d'intérêt pour son histoire et ce moment apparemment si important à l'hôpital. C'est aussi tout simplement rebondir sur une question au quotidien et lui parler de son handicap dans le contexte.

Mais ce n'est pas grand chose et certainement pas suffisant pour aider Hugo à comprendre et digérer sa différence. La petite casserole d'Anatole vient rajouter un support à notre discussion. Depuis que nous l'avons découvert ensemble, Hugo demande presque chaque soir qu'on lui raconte l'histoire d'Anatole. 

La petite casserole d'Anatole

La petite casserole d'Anatole

Anatole a une histoire pas comme les autres, une casserole lui est tombée sur la tête, venue de nulle part. Cette casserole, c'est un vrai boulet, pas moyen de s'en débarrasser, elle est là et elle l'empêche de faire plein de choses, de faire comme les autres. C'est embêtant, frustrant et fatiguant...au point qu'Anatole se renferme sur lui même dans l'ombre de sa petite casserole. Heureusement, une amie lui ouvre les yeux et lui montre que cette casserole, bien que fort présente, n'est pas si problématique, utile même parfois. Cette petite casserole n'est pas une raison de voir les choses en noir, bien au contraire, ca ne fait qu'empirer les choses...Anatole retrouve le sourire et la joie de vivre.

Cette histoire, partagée au moment calme et pausé juste avant le dodo semble parler tout particulièrement à Hugo. Pas seulement de ce qui lui est arrivé, mais aussi comment l'aborder.

Je remercie les personnes qui nous en ont parlé et j'espère le faire découvrir à d'autres via cet article :-)

Lien vers Amazon.fr

Infographic 1: Avant et après la pédagogie conductive

...ou le soulagement des parents.

Cet infographic est je l'espère le premier d'une longue série. L'objectif de l'infographic est de remplacer les mots par un visuel simple, intuitif et informatif. Ceci est un premier draft pour expliquer la première impression des parents:

Before and after - Conductive Pedagogy
Avant et après la Pédagogie Conductive


Merci Emma

Vous pouvez trouvez la version A4 imprimable en horizontal (plus lisible): La pédagogie conductive, avant et après

Si jamais l'infographic ne vous inspire pas plus que ca, je vous renvoie vers un article qui couvre le même sujet: Plus de sens grâce à la pédagogie conductive




Voici notre paraorchestre, où est le vôtre?

Quand la gloire et le bonheur de vos rêves se réalisent, n’est-ce pas un moment éphémère mais incroyable? C’est ce qui arrive à Charles Hazlewood et son Paraorchestre Britannique.

Nombre d’entre-nous, des centaines de millions de personnes dans le monde, ont regardé la cérémonie de clôture des Paralympiques 2012 à Londres au début de cet automne. Le point d’orgue de la cérémonie a vu un orchestre nouvellement formé de 17 musiciens non valides jouer aux côtés de Coldplay et Rihanna.  Ce moment a sans nul doute touché le monde entier, mais pour les quelques-uns d’entre-nous qui ont suivi tout le parcours, ce fut encore plus magique.



L’histoire remonte à un an, quand Charles Hazlewood fit se produire 4 musiciens handicapés pour la première fois en public, au TEDxBrussels 2011. Le groupe improvisa remarquablement et interpréta la chanson anglaise traditionnelle –“Green sleeves” – devant un public interdit. C’est à ce moment qu’ils nous firent part de leur audacieuse suggestion: “Chaque pays devrait avoir un paraorchestre, quelles qu’en soient la taille et la forme. Voici le nôtre. Où est le vôtre?

“Every country should have a paraorchestra of all shapes and all sizes. No question about that. So here is our paraorchestra. Where’s yours?”

Notre orateur continue: “Nous sommes au début de notre projet.  Nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de la communauté internationale afin de vivre ce rêve que cet orchestre soit toutes voiles dehors pour l’été 2012.”

En évoquant il y a un an les Paralympiques, il disait: “Quand les Paralympiques se tiendront à Londres l’année prochaine  aucune personne sensée sur la planète ne doutera plus de la justesse du sport des handicapés. Quelle opportunité extraordinaire de participer.”

Un an après, non seulement son rêve s’est concrétisé, mais le résultat a dépassé toutes nos espérances. Partager la scène avec des artistes mondialement acclamés comme Coldplay, Rihanna et Jay-Z semble n’avoir été que la première part du gâteau. Il est maintenant question de tournée européenne, d’enregistrements en studio, sans oublier la file d’attente des musiciens handicapés cherchant à rejoindre l’orchestre.


La motivation pour le paraorchestre m’est aussi profondèment personnelle. Etant particulièrement proche de cette réalisation, je ne peux que vibrer davantage à l’idée d’avoir ce type de plates-formes permettant à certains d’exprimer leur vision et d’engager les communautés à faire en sorte que leur voix soient entendues. C’est magnifique de voir TEDxBrussels embarqué dans cette mission: porter une plate-forme où rêves et visions deviennent réalité. 

Je vous invite à me rejoindre à l’édition 2012 de TEDxBrussels afin de découvrir encore plus d’idées créatives et des gens extraordinaires qui portent leurs rêves et les réalisent...

Merci à Diana, Brigitte et Jean pour le support à l'écriture et la traduction de ce post.

Prêts pour une soirée hors du commun le 8 juin?


L’association de parents de La Famille (crèche, école maternelle et primaire spécialisées de type 4) organise un moment festif au profit des enfants atteints de difficultés neurologiques ou neuromusculaires.

Etre un enfant, c’est vivre dans un univers peuplé de jeux, de rires et d’une bonne dose d’insouciance.
Sauf que, certains enfants doivent aussi vivre avec une différence plus ou moins importante.

Le métier de parents est probablement un des plus difficiles mais aussi un des plus extraordinaires.
Sauf que, le handicap s’invite parfois  à la table du bonheur familial.

L’avenir se révèle alors bien morose…
Sauf que, le langage du cœur peut faire place au langage des mots ;
les tous petits progrès deviennent de grandes victoires ;
la créativité est mise au profit d’autres chemins vers l’autonomie
et les petits moments d’insouciance deviennent de vrais instants de bonheur !

Ainsi, tel l’éléphant avec son éléphanteau, nous avons fait le choix d’accompagner au mieux nos enfants sans faire à leur place. Portés par l’énergie de nos enfants et entourés de professionnels compétents, nous avons fait le choix de continuer à faire des projets, à rêver, à espérer et à « rebondir ». Bref, nous avons fait le choix de continuer à vivre tout simplement.

Mais, que serait ce choix sans vos gestes bienveillants et votre soutien?

Soyez donc nombreux à aider nos enfants à remporter leur match quotidien ! 

Avec au service:
  1. UN super barbecue (à partir de 19h30)
  2. le concert des incroyables The Planes (dès 22h)                                                                                                                               
  3. et DJ Olivier Banner pour continuer tard dans la nuit


Venez montrer votre jeu de jambes sur la piste de danse et votre coups droit au bar.                                                                                                    
Par votre présence, vous contribuerez à soutenir nos projets et la pédagogie conductive.

Où ? dans le magnifique complexe du Wellington avenue d’Hougoumont 14 1180 Uccle
Comment ?     30 euros pour le barbecue, le concert et la soirée (enfants : 15 euros)
(réservation indispensable pour le barbecue) 10 euros pour le concert et la soirée

Vous n’êtes vraiment pas libres ?
Soutenez notre action sur le compte 000-3259138-35.

Une logopède dans l’éducation conductive



Intervention de Dominique Baclin, logopède au centre « La Famille » , à l’occasion de la plateforme d’échange du samedi 17 mars 2012 autour du thème « communication et développement ».

"Après tous ces points de vue théoriques et pratiques, je voudrais moi aussi vous livrer mon témoignage de logopède tombée dans la marmite de l’éducation conductive... Actuellement je travaille en classe primaire, avec des enfants de 9 à 12 ans.

logopédie
Toute jeune encore, j’ai donc signé à La Famille.  Au départ, on balbutiait l’éducation conductive.  La grande nouveauté, c’était de travailler dans les classes avec l’instit, de timidement mêler nos compétences, mais le travail logopédique plus précis se faisait toujours en individuel.  Puis petit à petit, on se rassembla davantage autour de  l’enfant dans sa globalité. On instaura une manière de faire où l’on établissait ensemble les objectifs pour les enfants, les programmes et l’emploi du temps pour atteindre ces objectifs, et où l’on passait nos journées ensemble, enfants et personnel, à apprendre des chemins, des manières de faire dans les séries d’activité pour les utiliser ensuite dans le restant de la journée.  Et parallèlement étaient organisées  une formation et une supervision pour le personnel, qui de plus peu à peu se forma lui-même aussi, par le travail en commun, les réunions d’équipe, les observations de l’un suivies des explications de l’autre, etc... Un travail de longue haleine, que l’on peut réaliser maintenant en accéléré.

Ce n’est pas évident d’emblée de s’y retrouver en tant que logo d’une part, de « conducteur » de l’autre.  C’est un jeu incessant entre le regard plus « technique » de la logo et le regard global du conducteur.  C’est continuer à se former en tant que logo : systèmes de communication alternative de pictos, synthèses vocales, langage gestuel, rythme corporel, dysphasies, dyspraxies, gestion mentale, neuro-psychologie, remédiation scolaire, que sais-je encore... C’est se former en tant que conducteur : approche des différents handicaps sous toutes leurs facettes, observation, facilitations, établissement d’objectifs, de programmes, animation d’une série d’activité, d’un moment intermédiaire (collations, marche, toilettes, repas), travail en équipe...  On n’a jamais fini de se former !

C’est 100 x plus intéressant et rentable que de travailler dans son petit local comme je faisais en stage, dans son petit local et parfois en classe comme nous le faisions ici au début, malgré toutes les réunions et les contacts que nous pouvions avoir avec les autres intervenants.

Mais vous direz-vous, peut-on vraiment aborder ainsi toute la remédiation du langage ? Faisons le tour du travail classique des logos avec des enfants comme ceux que nous avons chez nous. On peut avoir une problématique de langage oral,( avec ou sans langage substitutif), mais aussi une problématique de l’apprentissage du langage écrit et du calcul.

Pour ce qui concerne le langage oral : on insère en général dans les activités de motricité tout le travail « logo » de respi, phonation, praxies bucco-linguo-faciales, articulation.  C’est la logo qui prépare ce programme, mais ce n’est pas nécessairement elle qui va le diriger : ce sera le 1er conducteur de la série d’activité.  Cela permet aux autres membres de l’équipe de se rendre compte de ce qui est important à travailler pour les enfants, mais aussi de savoir les aides à apporter, et cela pour chacun en particulier. Et ce que l’on va travailler à ce moment-là  va refaire son apparition à d’autres moments : la respi et la phonation par ex en début d’activité scolaire, pour se remettre dans son corps et dans sa voix, ou avant de lire une phrase de lecture à voix haute pour arriver au point sans problème ; la fermeture de bouche et certaines praxies pour ne pas baver sur la feuille ou le matériel déposé sur le banc, ou avant le repas pour bien mâcher et avaler, ou avant d’articuler certain phonème ; l’articulation pour bien raconter son w-e, ou pour donner une réponse claire, etc... et tout le monde saura qu’un tel doit faire attention à ceci, qu’un autre peut y arriver comme cela.  Ainsi on aura des répétitions intéressantes, des ponts tout au long de la journée.  Quel rêve pour les transferts des acquis!

Parfois ce n’est pas possible, ou pas suffisant de travailler cela en séries d’activités. Si dans le groupe il n’y a un enfant qui a des problèmes plus particuliers, on met alors dans son programme individuel des tâches plus spécifiques de langage, ou on lui ménage dans l’emploi du temps une courte période d’intensif, par exemple pour le bavage.  Si plusieurs enfants peuvent être aidés par le rythme corporel pour l’articulation, on pourra prévoir des activités de rythme corporel pour eux pendant que les autres font autre chose, etc... L’éducation conductive ne veut pas dire le rejet du travail individuel comme on le croit parfois.  Celui-ci est intégré dans une perspective globale d’éducation de l’enfant.  Et, dans ce but, ce système d’éducation peut intégrer tous les moyens ou méthodes efficaces.

Tout ce qui est travail phonologique et métaphonologique peut trouver sa place en série d’activité motrice, en scolarité, ou en atelier particulier. Le vocabulaire va être abordé en classe, en lien direct avec les activités scolaires.  Si nécessaire on confectionnera un cahier de vocabulaire avec des images classées par thème, ou un fichier avec des définitions classées par ordre alphabétique pour les plus grands, avec l’avantage ici encore d’une insertion immédiate dans la vie de la classe et d’un sens évident pour les enfants.  Je parle de sens pas au niveau des mots, mais de la démarche. Quant aux mots, ils pourront réapparaître par magie dans l’activité motrice, ou n’importe où, puisque tous les adultes savent ce qu’on apprend pour le moment.

La formation et la complexification  de phrases sera stimulée en classe, avec support de pictos, ou de la lecture, mais aussi dans les séries d’activité psycho-motrice, et tant en compréhension qu’en expression. Ici aussi, on se met d’accord sur les objectifs de chaque enfant, et même si on travaille en groupe, chaque enfant voit la tâche adaptée pour lui.

Chez certains enfants dysphasiques, le langage gestuel est un outil intéressant, pour l’expression et/-ou la compréhension.  Ce n’est pas la logopède qui dans son petit local enseigne les gestes à l’enfant, mais toute l’équipe qui met l’enfant dans un bain de langage de signes et le pousse à les utiliser.  Y a même pas besoin de le pousser d’ailleurs... Une formation est organisée à l’école, et le personnel s’y répartit en différents niveaux ; une formation est également destinée aux parents. Avantage certain pour l’enfant dans cette manière de travailler : tout est appris et utilisé naturellement « in situ », on ne peut même pas parler de transfert.

Pour l’expression par pictogrammes, en cahier de communication ou synthèse vocale, on peut aussi parler de « bain de langage » en classe suivant les thèmes, et d’utilisation immédiate soit avec le cahier de communication soit avec l’ordinateur. L’enfant voit immédiatement ici aussi le sens de l’apprentissage, et l’utilisation de ses acquis.

En langage écrit, en mathématique, il n’y a pas non plus de rééducation « à part » de la classe, mais des stratégies particulières d’apprentissage ou de remédiation peu à peu dégagées pour chaque enfant et que chaque adulte le  pousse à utiliser.  De plus, à force d’osmose avec le rééducateur, de formation réciproque, l’instituteur ou un autre membre de l’équipe peut parfois proposer lui-même des stratégies intéressantes.

Bref, en tant que logo j’y trouve plus que mon compte : on pourrait presque dire que ces enfants sont en rééducation toute la journée... Tous les points de leur programme de rééducation sont abordés et travaillés au cours de la journée ou de la semaine par toute l’équipe, et prennent sens pour eux.  L’évolution des objectifs se fait tout naturellement par l’observation continue, et le pas suivant peut immédiatement être abordé, sans attendre une réunion particulière entre les intervenants, puisque ceux-ci travaillent ensemble en classe et ont deux réunions d’équipe par semaine.  Les langages substitutifs s’insèrent naturellement aussi dans le quotidien de l’école, et comme ils font partie de la vie de l’enfant, se font peu à peu leur place à la maison.  Les stratégies particulières d’apprentissage, ou les « trucs » comme ils disent parfois, sont peu à peu repris aussi à leur compte par les enfants, qui progressivement savent le meilleur chemin pour eux.  En effet, si dans les « petites classes » on travaille surtout en collaboration avec les parents, chez les plus grands c’est l’enfant lui-même qui intègre cela.

Et cela ne concerne pas seulement le langage... par l’éducation conductive, l’ enfant apprend à connaître les chemins qui sont les siens dans tous les domaines, les exerce au long de la journée et les utilise dans sa vie.  Et c’est cela qui est fantastique, pouvoir les aider à construire leur vie au mieux avec le handicap qui est le leur.  Pouvoir le connaître et le dépasser, se connaître et grandir...

Etre logo est bien peu de chose.... avec un peu de présomption, je me sens nettement mieux dans la peau d’un conducteur !"



                                              Dominique Baclin, logopède au centre « La Famille »

Le language des signes au service de la parole


Pas d'éducation sans communication, témoignage des parents d'Hugo

Remise en contexte

Avant de partager notre expérience de la communication et de la pédagogie conductive, il est bon de témoigner de notre état d'esprit au moment où la communication est venue à l'ordre du jour. Fabian a parlé du regard des parents à porter depuis la ligne de départ. A l'époque, nous arrivons à la Famille via des personnes de confiance et nous apprécions les "gens" et l'encadrement proposé par l'école. Nous n'avons pas cette vision de ligne d'arrivée ni même de ligne de départ tant les questions sont nombreuses, tant les réponses absentes. Il n'y a ni point de départ, ni destination, pas même de direction. La pédagogie conductive n'est pas encore un sujet en tant que tel mais, avec le recul, je constate qu'elle était déjà tout autour de nous. Très vite, Hugo est pris en charge à tous les niveaux et nous pouvons peu à peu reprendre notre rôle de parents, parents ayant trouvé un encadrement adapté, une solution, enfin une solution...

Pour les parents qui le désirent, l'école et toute l'équipe sont très disponibles, même en demande, pour expliquer leur travail, ce qu'ils font et pourquoi ils le font. Nous prenons peu un peu un rôle actif dans ce nouveau système intégrant éducation et thérapie et prenons petit à petit contact avec la pédagogie conductive. La Famille et la pédagogie conductive nous ont cadrés et soutenus, montré le départ et donné la direction, le fameux plan de vol de Hugo.

La communication à la source

Très vite, la communication fait son entrée dans nos discussions. Hugo a des difficultés motrices, et alors que moteur est associé à mobilité pour le commun des mortels, nous nous rendons vite compte de sa réelle signification et surtout de son étendue: manger, avaler sa salive, souffler et bien sûr parler sont des sujets importants dans le plan de vol de Hugo et c'est dans un état d'esprit très positif que nous les abordons. Heureusement car au niveau de la parole, c'est la première fois que nous devons faire face à une approche contre-intuitive…les gestes. Les gestes nous dit-on, sont une étape très importante vers la parole. C'est un outil qu'Hugo va utiliser pour parler. Naturellement, nous avons tendance à croire que c'est un autre langage et nous ne voyons pas le rapport. Nous avons même pensé que c'est une "distraction". De même pour notre entourage qui doute et qui intuitivement et face à cette école qu'il ne connaît pas, n'y croit pas toujours. Encore aujourd'hui, nous n'avons pas toujours les arguments logiques ou techniques, mais nous avons l'expérience. Et c'est cette expérience que nous pouvons partager aujourd'hui.

Hugo va sur son premier anniversaire

Au départ, les gestes d'Hugo sont un outil de communication de base: "encore", "manger", "boire", "dodo", tous ces mots ont des gestes. C'est devant l'ébahissement de certains de nos amis ayant des enfants plus âgés, mais un échange limité à l'observation du comportement pour savoir s'il y a  faim, soif ou fatigue,  que nous prenons conscience Barbara et moi du luxe de converser avec Hugo. Un luxe pour les parents, bien! Mais surtout, un outil d'exploration pour Hugo. Très vite il découvre le monde par la communication. Chaque semaine, des nouveaux mots viennent compléter le tableau, enrichir son vocabulaire et donc les échanges avec son entourage. Hugo s'exprime, Hugo demande, il veut papa, maman, une histoire…Il veut travailler, être chauffeur de tram.... Il prend sa place et il est ouvert à son entourage: non seulement ses parents mais toute la famille et les amis communiquent avec Hugo. Barbara et moi-même pensons que ce sera un atout majeur dans sa vie. Nous sommes déjà bien au-delà de la communication de base.

les signes développe la parole



Les gestes, c'est super, mais ce serait quand même bien qu'il parle

"Ne vous inquiétez pas, c'est normal pour son âge" Oui, d'accord…mais quand est-ce qu'il va parler? Les premiers mots sont difficiles et les gestes semblent toujours plus faciles. De nouveau cette intuition qui revient…"c'est normal qu'il utilise des gestes, c'est plus facile pour lui, est-ce vraiment une bonne idée ces gestes?"

Pour Hugo, chaque mot est un apprentissage, l'articulation est difficile, il y a des sons qu'il n'arrive pas encore à dire, surtout ceux produits à l'avant de la bouche: "l", "f", "s" mais sans le savoir, toujours au travers du jeu, Hugo les travaille et les intègre un à un. Qu'en est-il des gestes nous direz-vous? Aujourd'hui, les gestes sont une roue de secours quand il ne sait pas dire un mot ou qu'il n'est pas compris, c'est clair. Mais nous y voyons bien plus que ça. Les gestes lui ont donné la structure et un début de syntaxe qui lui permettent de mettre les choses dans l'ordre. Les gestes lui indiquent certaines tonalités aussi. En effet, il y a des gestes pour des mots et des gestes pour des sons, ça s'appelle la verbotonale. Faire un mouvement de doigt vers le haut indique le "i" par exemple. Et c'est en faisant ce geste que Hugo a petit à petit maitriser le son "i" dont il avait besoin pour prononcer le nom de sa marraine: Sophiiiiiiiiie (avec signe du doigt) 

Depuis le début, les gestes sont un des outils d'Hugo, un outil pour communiquer directement, mais aussi un outil pour construire la parole, la syntaxe et les sons. Un outil qu'il s'est approprié et qui lui donne les commandes, des commandes qu'il prend avec plaisir et qui le rendent de plus en plus maître de son plan de vol. Hugo pilote son développement, de plus en plus, jour après jour. Car c'est l'un des objectifs de l'éducation conductive, donner à l'enfant les outils et les compétences dont il a besoin pour continuer à se développer par lui-même.

Hugo se construit et participe étonnamment à sa construction, sa parole arrive, il l'affine mot après mot et ça l'amuse. 

La communication toujours et sans hésiter, avec les gestes aussi.

Communication et développement au sein de la pédagogie conductive


Intervention orale réalisée au nom de l’Association des Parents de La Famille, à l’occasion de la plateforme d’échange du samedi 17 mars 2012 autour du thème « communication et développement ».


Communication et développement

Je vais vous présenter certaines réflexions qui sont nées au sein de notre association de parents autour de la place de la communication dans le développement ; en précisant d’emblée que ce à quoi nous avons réfléchi c’est à la place de la communication dans le développement de l’histoire entre un parent et son enfant.

Aucun de nous ne dispose en effet des compétences scientifiques suffisantes pour parler, avec autorité, de la place et de l’importance de la communication dans le développement des enfants porteurs de handicap. Par contre, nous sommes tous parents et, à ce titre, nous avons tous eu à construire un lien avec nos enfants… étant entendu que la communication, qu’elle soit verbale ou pas, a eu et aura encore un lien à jouer dans ce processus de construction du lien.

Avant d’aller plus loin, je voudrais préciser que mon propos sera organisé autour de deux axes, qui revoient à deux « facettes » de la communication :

- Le premier axe sera celui de la communication pratique, au sens d’échange d’informations ;

- Le second axe sera celui de la communication dans ce qu’elle symbolise et représente ;



1. La communication en tant que telle

L’étymologie indique que le verbe « communiquer » est issu de la racine latine « communicare » signifiant « mettre en commun ».

Il me semble que cette information est fondamentale. Car elle permet de saisir que derrière l’échange formel d’informations auquel certaines personnes réduisent parfois la communication, il y a un véritable enjeu : celui de mettre en commun et donc de « créer du lien »… et dans le cas qui nous occupe créer du lien avec son enfant.

Cette information, qui peut paraître toute simple, nous semble fondamentale et nous avons souhaité la mettre en avant.

Pourquoi ?

Parce qu’au départ de toute histoire familiale il y a une mère, un père et un enfant… qui, s’ils sont liés par leur code génétique, ne présentent aucun lien entre eux, ne partagent aucun « commun », aucun « ensemble ».

Or, à bien y regarder, il semble que la construction d’un lien, la création d’une expérience « commune » passe par la communication…  qu’elle soit verbale ou gestuelle.
Il nous a dès lors semblé possible de formuler le postulat suivant : sans communication, la création d’un lien affectif entre parents et enfant est impossible ; ou à tout le moins particulièrement compliqué.
A partir de là, les parents ont un rôle fondamental à jouer. Et ce rôle n’est pas de conduire ou de tirer leur enfant vers le mode de communication qui LEUR semble le plus opportun (à savoir, en règle générale, la communication verbale maîtrisée) mais bien de trouver le mode de communication qui correspond le mieux à l’enfant et de se placer, eux-mêmes, à ce niveau-là.

Pour le dire autrement, le rôle des parents est de SE METTRE EN RESONNANCE avec leur enfant.

Dans ce contexte de réflexion, la communication semble fondamentale pour que la relation parent – enfant puisse exister et se développer.

Il est donc fondamental que chaque parent identifie le mode de communication privilégier de son enfant et apprenne ce mode de communication… quelle que soit sa forme… sans vouloir, à tout prix, conduire l’enfant vers la langage verbal… et encore moins en stygmatisant un mode de communication qui serait non verbal.

Il n’y aurait en effet pas de sens de s’obstiner à dire à un enfant souhaitant s’exprimer de manière gestuelle qu’on ne « l’écoutera » (et c’est bien le cas de le dire) que s’il formule sa demande verbalement… faire cela ce n’est pas stimuler son enfant à parler… c’est empêcher la création d’un lien... c’est donc passer à côté de ce qui est probablement essentiel.

Le message que nous notre association souhaite faire passer aujourd’hui peut donc être résumé de la manière suivante : communiquer avec son enfant ce n’est pas faire accéder celui-ci au langage ; c’est échanger et créer du lien avec lui selon le mode qui lui est le plus approprié.

Dans ce contexte, je suis toujours émerveillé de voir la manière dont Barbara et Nicholas (deux membres de notre association) communiquent avec leur fils Hugo.

Hugo est un petit garçon de 3 ans qui présentent des difficultés à formuler des mots et à produire des sons… étant entendu que sa compréhension du monde est bonne, juste, claire. Dans ce contexte, Hugo s’exprime en s’appuyant sur une gestuelle précise.

Je sais que Barbara et Nicholas aspirent à ce que leur fils accède plus largement à la communication verbale ; mais ils ont compris que, dans l’état actuel des choses, le fait de recourir de manière systématique au langage verbal, en négligeant la gestuelle, les priverait d’une partie de leur fils et affecterait la qualité de leur relation avec lui. Ils ont donc appris cette gestuelle et l’utilisent au quotidien.

Et ceci est d’autant plus important à souligner qu’ils se sont heurter aux questions, voire aux doutes, de leur entourage. Car, en effet, quel sens peut-il y avoir à passer par le geste pour apprendre à parler ? Et n’est-il pas totalement contre-productif d’inviter l’enfant à développer une communication gestuelle efficace quand on souhaite le voir parler ? ne risque-t-on pas d’installer l’enfant dans une zone de confort et de compréhension dont il sera difficile de le sortir ?

Ces questions, Barbara et Nicholas les ont entendues ; ils les ont vécues ; ils les ont souffert. Mais ils ont fait confiance aux équipes entourant Hugo et ils sont « entrés » dans le monde d’Hugo, via la gestuelle.

Et ceci a aujourd’hui deux effets clairement identifiés : ils vivent une relation heureuse avec hugo ; et hugo se sentant « compris », « entendu » et probablement « accepté » prend confiance et s’ouvre de plus en plus au langage verbal… du bonheur quoi… sans parole…

Ceci étant, je voudrais vous dire quelques mots à propos d’un autre rôle joué par la communication ; dans une dimension symbolique cette fois.


2. La communication dans son aspect symbolique

Pour développer ce point, je partirai d’un postulat simple : nous sommes nombreux ici, aujourd’hui, à être parents ou proches d’enfants en difficulté… et nous sommes tous dès lors, très probablement, en attente d’étapes, d’avancées, de moments pivots marquant un progrès significatif de notre enfant ; un pas qui compte sur son chemin ; ou, comme on le dit à l’école de La Famille, un élément de plus dans sa « boîte à outils ».

Dans ce cadre, il me semble que l’accès à la parole constitue une attente des parents ; il me semble que, pour beaucoup d’entre nous, les choses se passent comme si l’accès à la parole était attendu comme le révélateur d’une amélioration, d’une guérison, d’une évolution profonde et naturellement favorable.

Or j’ai le sentiment que cette attente est dangereuse et illusoire.

Dangereuse tout d’abord car le fait d’attendre d’un événement futur qu’il libère ou guérisse notre enfant, revient à dire que ce dernier est, à l’heure actuelle, « insatisfaisant ». Or les enfants, j’en suis persuadé, sont particulièrement réceptifs à nos attentes. Ils les sentent, ils les comprennent, ils les portent. Et il n’y a pas de raisons, qu’en plus de leurs difficultés, nous leur fassions porter le poids de nos propres attentes, de notre tristesse, voire de nos déceptions.

Quand on est parent d’un enfant handicapé, il est important de réaliser une inversion de point de vue, de modifier les perspectives. Il faut être capable de voir que chaque pas que notre enfant réalise est un pas de plus, est une victoire. Il faut observer l’évolution depuis la ligne de départ… et non depuis la ligne d’arrivée… depuis laquelle on ne voit que les pas qu’il reste à faire, depuis laquelle on ne voit que la distance qu’il reste à combler.

Illusoire ensuite car il est faux de croire que l’accès à la parole est une garantie cognitive en tant que telle. Et j’appuierai mon propos sur mon expérience personnelle cette fois-ci.

Mon fils Mano parle et plutôt bien. Ma compagne et moi avons été heureux de le voir développer un langage fourni. Mais ce langage n’a pas atténué ses difficultés… je pense même qu’elle les a révélées avec plus force.

En effet, le langage n’est jamais que la traduction d’une certaine perception de la réalité… et les séquelles cérébrales de Mano affectent précisément cette perception. Ce qui fait que mon fils me parle et que j’en suis heureux ; nous chantons, nous faisons des devinettes… mais cet accès au langage n’a en rien guéri son rapport au temps et à l’espace, ni accéléré ses facultés de compréhension.

Or j’ai vécu avec cette idée que la parole guérissait. J’ai donc été déçu et triste.

Pour finir je voudrais vous dire que chaque fois que je fais du co-voiturage et que j’emmène Mano et Hugo à l’école,  je suis le témoin amusé de leurs échanges… échanges entre un enfant qui perçoit très justement le monde mais qui ne parle pas encore… et un autre enfant qui parle mais qui perçoit le monde de manière altérée.

Et quand je les regarde, je retiens une seule chose : Mano et Hugo sont deux amis, souriants, qui se comprennent.

Mano et Hugo communiquent entre eux et avec leur entourage
Mano et Hugo


Alors verbale ou pas, l’important de cette communication est qu’elle existe et qu’elle a permis la création d’une amitié entre deux enfants… et c’est probablement là qu’est l’essentiel.




Le premier para orchestre...un projet qui devrait en inciter d'autres

En novembre dernier, à TEDxBrussels au Bozar, j'ai eu l'occasion d'écouter la performance de Charles Hazlewood et de son embryon de para orchestre britanique, le premier para orchestre. Le chef d'orchestre commence par une constatation pour le moins étonnante. La musique n'est elle pas l'un des moyens de communication le plus universel qui soit?

Que l'on joue la même mélodie à un enfant chinois ou européen, on peut lire les mêmes émotions sur son visage, ce malgré toutes leurs différences. En tant que chef d'orchestre, il ne peut que constater que malgré l'universalité de la musique, le nombre de musiciens handicapés qu'il a pu diriger tout au long de sa carrière se comptent sur les doigts d'une main...

Il se souvient de l'époque révolue où les femmes n'avaient pas leur place dans les orchestres et porté par leur fantastique communauté qu'il découvre au travers de sa fille, Charles Hazlewood va leur donner leur place, leur place dans le monde de la musique.

A Londres cet été, les JO seront suivis par les paralympiques, compétition qui va réunir des athlètes hors du commun, des athlètes qui vont une fois de plus révéler des performances hors normes, des performances que nul ne pourra ignorer. Le sport est universel et la musique les plus encore. Alors c'est en pensant à ces para athlètes qu'il a décidé de monter le premier para orchestre du Royaume-Uni, sans doute le premier para orchestre national.

La suite, c'est son embryon de para orchestre qui la joue, ca ne se dit pas, ca s'écoute...


Un regard holistique sur les besoins de Mano

Témoignage de Dominique Fagnart:
 L'Éducation Conductive (ou Pédagogie Conductive) est une méthode d'éducation spécialisée pour Infirmes Moteurs Cérébraux (IMC), créée par le médecin pédiatre hongrois Andras Petö dans les années 1940.
C'est une approche globale, qui part d'un pari positif sur les capacités des IMC, où par une série de jeux et d'exercice, la personne handicapée est amenée à développer ses acquisitions par l'accompagnement d'un Conducteur, dont la particularité est d'être éducateur polyvalent, formé en 4 ans en psychologie, kinésithérapie, orthophonie, instruction publique, pour concevoir des exercices globaux, par opposition à des prises en charges traditionnelles plus parcellisées.
Élaborée à Budapest dans ce qui est aujourd'hui le plus grand centre mondial pour enfants IMC, elle s'est répandue dans le monde à l'ouverture des pays de l'Est. Depuis, elle s'est largement implantée en Allemagne, au Royaume-Uni, et aux États-Unis. Elle est aujourd'hui pratiquée dans 170 structures à travers le monde. Des centres pilotes existent dans l'univers francophone en Belgique et à Paris. Wikipedia
Depuis longtemps je suis persuadée que l’éducation conductive apporte aux enfants handicapés des clés vers l’autonomie et vers l’estime de soi. Initialement fondée et décrite pour les enfants porteurs d’un handicap moteur, la philosophie de cette approche peut à mon sens être étendue et employée dans bien d’autres situations de handicap.

Quand Mano est entré à La Famille, il y a 2,5 ans, je savais qu’il allait y trouver un milieu épanouissant, qui tiendrait compte de toutes ses capacités comme de ses difficultés et serait respectueux de son entourage et de ses attentes.

Un enfant, quelque soit son handicap, doit être éduqué pour interagir avec ses pairs, communiquer avec eux, trouver sa place dans la société, apprendre à voir, affronter et résoudre au mieux les problèmes quotidiens…et ils sont nombreux…C’est à ce prix qu’il trouvera sa place dans la société et sera le plus autonome possible.

Quand Mano me dit : «  je veux le faire tout seul », que ce soit vouloir grimper dans son siège auto , ou dans son nouveau lit… et qu’il procède par essais-erreurs, en me disant ce qu’il fait et en cherchant les aides de l’environnement, je me dis qu’il a intégré les principes de l’éducation conductive pour arriver à faire un pas de plus vers son indépendance en cherchant à s’adapter aux nouvelles situations.
Comment y arrive t il ? Il mobilise toutes ses ressources : il utilise ses capacités motrices en cherchant les points d’appuis nécessaires, en s’aidant de l’environnement ( tabouret, marche pied…), en verbalisant ce qu’il fait. Dire « tout haut » l’aide à anticiper et  planifier son geste. Le langage l’aide à faire le lien entre lui (ce qu’il pense, ce qu’il va devoir faire) et son corps. Il aime chercher à résoudre des problèmes et je sais qu’il y est constamment encouragé à l’école et en famille. Le programme qu’on lui propose à l’école est structuré et fait des liens entre les apprentissages moteurs, langagiers et cognitifs. Il apprend « en situation » ce qui donne sens à ses apprentissages.

L’éducation conductive mobilise de nombreux réseaux cérébraux : non seulement les circuits moteurs, mais également les circuits de l’attention, de l’émotion, de la communication, de la mémoire, de l’apprentissage, de la vision… : elle vise à faire des liens entre eux. Elle est une approche holistique.

Mano est un adorable petit bonhomme, volontaire, gai, généreux et tendre. Il nous épate tous les jours, et pas seulement quand il improvise au piano et joue à 4 mains avec son grand père…

 Mais, ses difficultés actuelles ne touchent pas que les aspects moteurs. D’autres fonctions, très souvent atteintes en cas de lésion cérébrale sont également atteintes : la motricité fine et l’organisation du geste (dyspraxie), la difficulté à analyser et comprendre ce qu’il voit ( troubles visuels centraux), les difficultés à s’exprimer «  sur commande » ( par exemple à répondre à une question : il s’exprime mieux de façon spontanée), la concentration et la mémoire.

Ses apprentissages doivent donc toujours partir du concret (sinon, il n’en voit pas le sens), être répétés, transposés et intégrés dans tous les moments de son quotidien. L’éducation conductive lui offre ce cadre et lui permet d’y progresser. Les apprentissages sont plus lents mais une fois qu’ils sont acquis, ils le sont bien.

Tout autre type d’enseignement, qui ne prendrait en compte qu’une seule de ses difficultés (comme le font malheureusement trop fréquemment nos enseignements spéciaux…) ou même plusieurs mais sans chercher à faire des liens entre les aspects moteurs, les apprentissages, la communication serait voué à l’échec.

C’est d’un regard holistique dont il a besoin. C’est grâce à cela qu’il a pu si bien progresser et continuera à le faire.

Dominique Fagnart, Neuropédiatre et grand-mère de Mano

Une fenêtre ouverte sur la vie

Mohamed Bakkali
Père d’une petite invalide de naissance, j’estime qu’il est important de témoigner du parcours de ma fille Yosra. Après une période de grossesse sombre, ma fille est née en août 2001 avec un espoir de vie ne devant pas dépasser 4 à 5 jours d’après les « Médecins ». 

Actuellement, elle a 10 ans. Yosra est pleine de vie et de joie. Mais avant d’en arriver là, nous avons du passer par un parcours d’abord tumultueux, puis in fine beaucoup plus serein. En effet, après les diverses interventions chirurgicales, avec leurs lots de surprises, de peines et de désespoir, on est passé également par les longues nuits dans les urgences ; avec toujours l’espoir de retourner à la maison. 

La maison ? Oui, mais surtout vers le centre la « famille » ou notre fille a été admise dès son plus jeune âge (crèche). Au départ, nous (parents) étions inquiets : un bâtiment pas très moderne, des équipements pour le moins bizarre ! Mais des « gens » qui vous inspirent confiance. C’est là que nous avons entendu parler pour la première fois d’une pédagogie très particulière : « Conductive » et d’un certains « Peto ». Depuis lors, nous n’avons jamais regretté ce choix pour notre fille. 

Par la présente, nous remercions Madame Perron des Cliniques Universitaires Saint-Luc de nous avoir guidé vers le centre « La Famille » ; vers la « pédagogie conductive ». En effet, Yosra, notre fille n’a pas cessé de progresser. Nous la voyons évoluer tous les jours à son propre rythme : parfois avec des hauts, d’autres fois avec des bas. Yosra progresse au sein de ses condisciples et de l’équipe qui l’entoure. Actuellement, notre fille a pris conscience de ses limites, de ses compétences, de ses objectifs, … Maintenant, Yosra se projette sur le futur, pense à sa vie d’adulte à venir. Elle a pris conscience qu’elle grandi, qu’elle évolue et se prépare à devenir une adulte autonome capable de créer, de progresser, d’évoluer, de se dépasser. 

Nous terminons, en remerciant tout le personnel du « Centre de la Famille » pour l’avoir aidé à prendre la bonne direction.